Dogo Suicide – Sexe Pour Les Yeux

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Dogo Suicide - Sexe Pour Les Yeux

On a souvent tendance à considérer le Québec comme un curieux endroit qui nous envoie à intervalles plus ou moins réguliers leurs chanteur·se·s « Chérie FM ». Alors oui, s’il est vrai que les Cowboys Fringuants sont l’exception, force est de constater que le rock francophone canadien peine à s’exporter. On ne va pas se cacher derrière notre petit doigt, la barrière de la langue et l’accent peuvent rebuter. Dans ce cas, pas de mystère, il faut trouver un groupe dont la musique et l’énergie seraient tels qu’on ferait l’impasse comme on le fait sur l’anglais dont on se fout du sens les trois quarts du temps, soyons honnêtes.

Dogo Suicide fait partie de ces boules d’énergie qui permettent de se confronter à cette scène transatlantique très vivace qui peuvent vous réconcilier avec la langue de Xavier Dolan (qui est une référence plus sexy que Garou, vous en conviendrez).

Avec une production extrêmement brute (batterie en tête), le trio nous balance un punk rock rageur, riche et bourré de riffs très efficaces (cette intro de Ultime Déchets avec son accord dissonant à souhait soutenu par ces percussions quasi tribales). Pour autant, Dogo Suicide est capable de proposer des sonorités très nostalgiques et émouvantes comme sur le titre La vie est ailleurs ou la seconde partie du titre qui a donné son nom à l’EP : Sexe pour les yeux.

La basse très présente/puissante (tenue par le chanteur Emmanuel Canadian (ça ne s’invente pas)) balance de très belles lignes mélodiques voire du jeu en accords qui viennent compléter une guitare qui a le bon gout de ne pas se limiter aux accords de puissance en proposant de jolis voicings (joli travail de Nicolas Côté). Quand la brutalité ne s’oppose pas à l’équilibre, on gagne sur les deux tableaux et, quoiqu’il arrive, si vous êtes sensibles à la batterie, vous allez trouver votre bonheur (Richard-William Turcotte est époustouflant notamment dans le dernier titre).

Difficile de choisir un camp entre un pur concentré rock comme l’expéditive minute d’Ostrava ou un morceau plus complexe comme le fleuve L’école de cirque qui termine les 25 minutes de ce très bon EP. Alors, on le réécoute de bout en bout et on le trouve meilleur à chaque relecture. Tant et si bien qu’on finit par se surprendre à chanter « Est-où le cœur sur tes épaules ? Y’est où le cœur dans tes ébauches ? » avec l’accent ! Et quand en plus on a une pochette aussi mémorable et un nom aussi bon, avouez que ça donne envie…

Titre idéal pour découvrir : L’école de cirque (sa longueur permet de condenser toutes les qualités de l’EP)

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